mardi 17 avril 2007

essai.


Un besoin de se réhabiliter me parait l'une des bases essentielles pour se réhausser dans sa prépondérance. l'art est un moyen pour atteindre cette reconnaissance.
Ce que je veux dire par là, c'est que l'art est une mise à nue qui recquiert nécessairement la présence d'autrui. Car au delà des profondes contradictions que l'on peut retrouver chez l'individu, celles de l'artiste sont bien plus transcendentes. En ce sens que l'artiste est une personne profondément seule qui tend à s'exposer dans son art (art est à prendre ici au sens large). Sa sensiblité est interpellée avant toute chose, en effet si nous prenons deux artistes toiles dos à dos et qu'on leur demande de peindre un même modèle vu sous le même angle, le résultat qu'ils apporteront seront différents. Il est possible que l'un est priviligié la bouche et l'autre le regard. Ici, tout n'est question que de perception et de son rapport avec l'intelligence. Pourquoi ce détail ? Tout dépend du conditionnement qu'il a subit. Ainsi, en présentant ses oeuvres, l'artiste se dévoile, mais peut-on comprendre ce qu'il en ressort dans l'aboslu ? Ce besoin de reconnaissance est inérant à l'homme, à l'artiste sans laquelle son oeuvre perdrait orgueil et fierté. Car en effet, outre l'esthétique qu'elle apporte, n'y a t il pas un profond besoin d'admiration ? Il implore que celle-ci soit vérifiée et jugée. Alors que l'artiste se renferme dans ses travaux, se perd à travers lui et par conséquent se perd lui même ou au contraire apprend à se connaitre, il exige le jugement, et non pas le sien mais celui d'autrui. Que serait l'art sans public ? L'artiste est seul mais l'art se nourrit des regards.
Ce problème de reconnaissance est un thème réccurant, il témoigne du besoin d'accomplissement que ressent chaque individu. En effet, il tend vers le progrès, c'est un phénomène inéluctable, il est sa grandeur et sa misère, il l'élève autant qu'il le rabaisse. En ce sens que le progrès est destructeur. Il nous pousse dans une constante fuite en avant. Nous sommes englués dans celle-ci, celle de non sens. En passant outre les besoins naturels, rien n'est fondé. Cependant, il ne faut pas s'arrêter à cette simple affirmation car sinon autant se donner la mort instantanément. Ce que je veux dire, c'est que le but de cette mascarade est de trouver un sens à ce quoi l'humanité tend, se méler à la foule, se fondre en elle dans la mesure où l'on poursuit son évolution avec elle, tout en gardant à l'esprit que tout est relatif.
A partir de ce niveau, deux possibilités s'ouvrent à la personne :
- L'insoutenable legéreté de l'être, à savoir de s'enfermer dans son monde et ses soucis, rejettant le monde extérieur et les problèmes qui le touche. Le problème qui surgit alors est que l'individu devient tellement léger qu'il se retrouve au dessus de tout, baigné dans son inscouscience et finit par en devenir malheureux, car sans pouvoir en définir la cause une terrible tristesse le ronge petit à petit. Mais le bonheur commence par le pire des malheurs.
-La pesanteur consiste en ce que l'individu curieux et interessé s'adonne à la contemplation du vrai, étant donné que nous sommes "des animaux raisonnables", nous avons la possibilité de nous pousser hors de nous même, se dépasser et se remplir du maximum d'informations possibles. L'individu utilisant ce processus ressent alors comme un d'achèvement, un aboutissement. Et, malgré son abhération devant le monde posterieur, actuel ou anterieur (car l'homme bien que vivant dans le présent ne cesse de se projeter dans le futur et de le comparer à son passé) se permet une vie raisonnable, un rien le rendant heureux. Ainsi, il va de l'avant et se consacre à la réfléxion pour atteindre ce que l'on pourrait appeller l'insoutenable légèreté de l'être de la pesanteur. Mais, devant cette soif de connaissance, il ressentira parfois, lui aussi, une profonde tristesse car le monde est bien trop vaste pour être maitrisé sous toutes ses formes, et les questions des plus pertinentes ne s'arreteront de le hanter. D'autant plus, si comme l'affirme les sensualistes que tout est relatif, l'inlassable question "à quoi bon?" ne cessera de le poursuivre. Voici un des grands paradoxes de l'homme, comment peut-il se satisfaire ?
Et si rien n'a de sens pourquoi ne pas choisir l'insoutenable légèreté de l'être ? Nous devons pour notre survie comme je le mentionnais plus haut mettre du concret dans le relatif. L'homme se rabaisse donc autant qu'il s'élève car il y a définitivement une contradiction très profondément encrée en lui, mais comme dirait Nietsche, n'est pas cette contradiction qui fait la gloire de l'homme, qui fait de lui un être vivant radicalement différent de toutes autres éspèces ?

1 commentaires:

Liloulou a dit…

Superbe essai j'ai adoré.