
Grands immeubles, longs boulevards, odeurs nauséabondes... il va droit devant lui, rien ne l'arrête, le sourire jusqu'aux oreilles, il chantonne "doo doo doo doo doo ooo".
Une femme passe, un regard, elle l'attrape par l'épaule, l'amène dans l'impasse d'à côté.. Ils ne se parlent pas.
-heu j..
Elle ne lui laisse pas le temps, elle l'embrasse.. le regarde dans les yeux et part.
Il est planté là, incrédule, il ne cherche pas à la rattraper. Il éclate de rire et repart "doo dood doo"
Grands immeubles, longs boulevards, odeurs nauséabondes... les gens se bousculent, un homme le percute l'arrête
-salut, pourquoi tu chantonnes ?
-je ne sais pas
-c'est nerveux ?
-Non, c'est passionnel
-tu penses à elle ?
-elle ?
-Qui êtes vous ?
-je prendrais un grand plaisir à boire une bière..
-les gens m'intriguent
-Tu n'as qu'à aller te paumer dans un champs. tu verras...
-je t'emmène ?
-c'est discutable, t'as une voiture
Il hoche la tête, se suivent
Lui au volant.. la radio est allumée, le passager chante à tue tête...
-STTTTTTTTTTTTTTTTTOOOOOOOOOOOOOPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPP !!!
le chauffeur sort de la voiture, la contourne, ouvre la portière tire le passager par les épaules
-Pars, pars, hors de ma vue, hors de ma voiture , hors de ma vie et de se qui m'entoure.. Je pense que tu t'y retrouveras, j'irai seul là-bas comme je l'ai toujours été.. tu n'es rien, tu ne sers à rien, tu vis à travers la musique, ca se voit, ta voix n'a aucune singularité, tu es transparent, petit et minable !
Le passager le fixe droit dans les yeux, pas un mot, il l'embrasse, lui le repousse, l'autre se retire le regarde, sourit, part et ne se retourne pas...
Lui, il a les yeux rivés sur la route, il ne bouge pas, ne pense pas.
La clope finit de se consummer sur le sol, seule.
Gestes mécaniques : poche, clope, chemise, feu .. bouche huuuuuuuuuuu haaaaaaaaaaa, il recrache la fumée, jette la cigarette. relève la tête et se retourne.
Il est nez à nez avec la femme de tout à l'heure
Grands immeubles, longs boulevards, odeurs nauséabondes.. Il est à nouveau en plein milieu de l'avenue..
Elle le prend par la main, il la suit, ils se taisent, lui sait qu'il ne faut pas parler..
Elle l'emmène sous un porche, elle compose le code, ils marchent dans le noir. Hall, clap clap, lumière, clap clap.
ca ne mène à rien. Ils s'arrêtent ?
je ne sais pas, peut être. Non ils avançent tout droit, vers le mur, il la plaque, l'embrasse..
Il ouvre les yeux, il est nez à nez avec elle.
-Pourquoi me suis tu ?
-parce que ça te plait
-Non
-Comme tu voudras
-Je prefèrais encore cet homme qui chantait, seul à côté de moi. Il n'avait aucun talent.
-Si, celui qui te manquais
-tu n'es pas le genre de personne que j'aime à rencontrer
-Quand je me dresserais devant toi avec un tissu en soie, tu penseras q'un liquide visqueux aura repeint mon corps..
-Et si je prefère penser que c'est seulement de la soie
-Tu es bien bas..
-.De la soie recouverte de ton pus, ton visage se décompeseras, il n'y aura déjà plus que deux trous à la place de tes yeux, ta peau est en décomposition.
Il réouvre les yeux, seul, face à son miroir cassé. Appuyé contre le lavabo, sa lèvre est ouverte et du sang coule, le lavabo est remplit d'eau verdâtre, mélangée à son sang.
L'histoire s'arrête là, lui, on ne saura jamais qu'il été, on ne saura jamais si cette femme était un rêve, si elle était lui, il restera seul devant son miroir et n'a pas d'histoire. Sa clope restera là à se consummer, lui restera devant son miroir morcelé, l'homme aura surement trouvé un champs, quel champs ? Un champs, une plaine ?? Non rien, lui même ne le saura pas, il gardera les yeux fixés sur cette lêvre ensanglantée qui ne cessera de perdre ce liquide rouge.
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